OpenBIM Structure
4 modules, 4 formats, 1 workflow complet. Tout ce que vous devez savoir pour travailler en OpenBIM structure sans superflu.
Ce que vous allez apprendre
Pourquoi l’OpenBIM structure ?
Le problème que ça résout et les deux modèles à connaître
Les 4 formats clés
IFC, SAF, DXF et BCF, le rôle de chacun en situation réelle
Le workflow complet
De la maquette archi aux plans d’exécution, étape par étape
Déroulé du cours
Pourquoi l’OpenBIM structure ?
En structure, le problème est simple ! L’architecte travaille sur son logiciel (ex. Archicad, Revit, Sketchup…), l’ingénieur calcul sur SCIA, Advance Design, Diamonds… et le dessinateur sur Tekla Structures, Bocad, Strakon… Sans OpenBIM, les données sont ressaisies à chaque transfert. Avec l’OpenBIM, les formats ouverts font le lien sans perte ni ressaisie. (Attention ! Ce n’est pas magique non plus. La rigueur des données d’entrée doit être vérifiée, pas juste survolée.)
L’OpenBIM n’est pas un logiciel. C’est une méthode de travail basée sur des formats d’échange ouverts. Chaque intervenant garde son outil, les données circulent librement entre eux.
Les deux modèles que manipule l’ingénieur structure
La géométrie du modèle comprend les dimensions des poteaux, poutres, dalles, voiles, armatures. Il sert aux plans, à la coordination et aux métrés.
La simplification mathématique du modèle comprend les barres, les nœuds, les appuis, les charges. Il sert exclusivement au calcul de structure.
Erreur classique : Démarrer une maquette numérique sans penser au modèle analytique. L’ingénieur de calcul reçoit la géométrie mais doit contrôler les nœuds pour éviter des erreurs. C’est une perte de temps certaine qui mène à un résultat bancal. En bureau d’études structure, le calcul pilote le dessin, pas l’inverse.
Les 4 formats à maîtriser
IFC | Le format de coordination
L’IFC (Industry Foundation Classes) est le format d’échange universel du BIM. Il transporte la géométrie, les propriétés des matériaux, les relations entre objets et, si l’option est activée, le modèle analytique.
| Classe IFC | Élément | Type |
|---|---|---|
IfcBeam | Poutre | Physique |
IfcColumn | Poteau | Physique |
IfcSlab | Dalle | Physique |
IfcWall | Voile béton | Physique |
IfcStructuralAnalysisModel | Conteneur modèle analytique | Analytique |
→ Utilisez l’IFC pour la coordination multi-métiers et les livraisons de maquettes.
SAF | Le format du calcul de structure
Le SAF (Structural Analysis Format) est un fichier Excel structuré conçu spécifiquement pour transférer le modèle analytique entre des logiciels de calcul d’éditeurs différents.
Nœuds, barres 1D (poteaux, poutres), surfaces 2D (dalles, voiles), sections, matériaux, appuis, cas de charge, combinaisons ELS/ELU.
Retrouvez la liste complète des logiciels compatibles sur saf.guide
→ Utilisez le SAF à chaque échange de calcul. C’est le format qui élimine la ressaisie du modèle analytique.
DXF | Le pont vers la CAO classique
Le DXF (Drawing Exchange Format) est un format géométrique pur car pas de propriétés BIM, pas de classification. Son avantage est simple, tous les logiciels du secteur, sans exception, savent l’ouvrir.
Pour livrer les plans de coffrage et de ferraillage (car oui, la 2D reste la donnée d’entrée la plus utilisée sur chantier encore aujourd’hui) ou pour importer un fond de plan d’architecte ou de lot CVC n’ayant pas d’outil BIM (au démarrage d’un projet par exemple).
Aucune propriété d’objet, aucune classification IFC, aucun matériau. C’est de la donnée géométrique figée.
BCF | La communication sur la maquette
Le BCF (BIM Collaboration Format) permet de signaler un problème directement dans la maquette, sans modifier le fichier IFC. Il contient une capture d’écran, les coordonnées 3D du problème et l’identifiant exact (GUID) de l’objet concerné.
Exemple : Collision entre une poutre et une gaine CVC. Le coordinateur crée une observation BCF. L’ingénieur l’ouvre dans une visionneuse collaborative et la vue se cadre automatiquement sur le conflit. Il propose une correction, puis répond « Résolu ». 5 minutes montre en main au lieu de passer des heures à chercher un mail de synthèse. Nota : Décrocher son téléphone fonctionne aussi très bien !
Le workflow complet
Voici comment les 4 formats s’enchaînent sur un projet en béton armé type.
L’architecte livre sa maquette
L’ingénieur reçoit l’IFC architectural et les plans 2D pour le calage altimétrique et le calage de la trame.
Modélisation pour le calcul
Le modèle analytique est construit dans le logiciel de calcul, puis envoyé via un connecteur (comme BIM Expert) pour permettre au dessinateur de récupérer la structure filaire propre.
Complétion de la maquette structure
Dans son logiciel de modélisation (ex. Tekla Structures, Bocad…), le dessinateur complète le modèle physique (coffrage et ferraillage) pour générer les livrables d’exécution.
Calcul, vérifications, optimisation
L’ingénieur peut recalculer, vérifier et optimiser les sections si des modifications surviennent, puis transmet les mises à jour au dessinateur pour correction de la maquette.
Synthèse BIM et gestion des conflits
La maquette structure IFC est fusionnée avec l’IFC de l’architecte et du lot CVC dans une visionneuse collaborative pour traiter les conflits via le format BCF.
Livraison des plans d’exécution
Les plans de coffrage et de ferraillage exportés en DXF/PDF assurent la compatibilité technique sur le chantier avec les entreprises n’utilisant pas d’outils BIM.
Ce qui coince en pratique
| # | L’erreur | Ce qui se passe | Comment l’éviter |
|---|---|---|---|
| 01 | Exporter l’IFC sans prendre soin du modèle analytique | L’ingénieur reçoit une géométrie analytique bancale et doit entièrement remodéliser les axes de calcul. | Activer l’export du modèle analytique et modéliser proprement la continuité géométrique des axes physiques. |
| 02 | Unités incohérentes | Les dimensions sont décalées d’un facteur 1000 (ex. mm au lieu de m), rendant les calculs impossibles ou faux. | Toujours valider la correspondance mm vs m lors de l’export et de l’import du fichier. |
| 03 | Éléments mal classifiés dans la maquette | Un poteau porteur est exporté comme un élément générique IfcBuildingElementProxy. |
Assigner rigoureusement chaque objet à sa classe IFC native avant de lancer l’export. |
| 04 | Points d’origine différents entre corps de métier | La maquette structure ne se superpose pas du tout au modèle architectural. | Définir un point d’origine géographique partagé commun dès la phase zéro du projet. |
| 05 | Livrer un DXF à la place d’un IFC pour le DOE | Le fichier 2D ne contient aucune donnée d’objet, rendant le Dossier d’Ouvrage Exécuté numérique inexploitable. | Le DXF complète les plans papier, l’IFC structure la base de données : ils doivent être cohérents et complémentaires. |
Bonne pratique à retenir : Testez systématiquement vos flux d’échanges de formats en phase d’initiation (phase 0), bien avant la production réelle des modèles. Un simple test en amont évite les blocages critiques en cours d’études.
Quiz — 4 questions
01. Vous devez transférer votre modèle analytique de Diamonds vers SCIA Engineer. Quel format utilisez-vous ?
02. Un chef de chantier sans logiciel BIM a besoin des plans de coffrage. Quel format lui envoyez-vous ?
03. Le coordinateur BIM détecte une collision entre une poutre et une gaine. Quel format utilise-t-il pour notifier l’ingénieur sans modifier la maquette ?
04. Votre logiciel de calcul importe l’IFC mais ne trouve pas la cohérence des matériaux. Quelle est la cause la plus probable ?
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